Photovoltaïque : Après des années difficiles,  de nouvelles perspectives pour 2017/2018

Photovoltaïque : Après des années difficiles, de nouvelles perspectives pour 2017/2018

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Après une année 2016 en retrait par rapport à 2015 pour l’accroissement de puissance du parc photovoltaïque raccordé au réseau en France, 2017 s’annonce comme une année de croissance. Mais surtout les décisions gouvernementales prises fin 2016 et début 2017 devraient entraîner une reprise plus nette en 2018. Ces décrets devraient marquer un vrai démarrage de l’autoconsommation alors que les coûts des installations, donc du MWh solaire, continuent de baisser.

Le niveau de raccordement de nouvelles installations PV en France s’est établi à 551 MW en 2016, une puissance en baisse de 35 % par rapport à 2015, une année marquée il est vrai par la mise en service de la centrale de Cestas (300 MW). Mais les raisons de cette baisse peuvent aussi être mises sur le compte d’une politique de soutien et de tarification chaotique les années précédentes, alors que cette même année au niveau mondial 78 GW de nouvelles installations ont été raccordées (+ 50 % par rapport à 2015).

Faut-il être plus optimiste en 2017 et 2018 ? Après un premier trimestre 2017 faible à 82 MW il faut encore rester prudent, mais ce trimestre a vu une hausse du segment des moyennes toitures (9 à 100 kW) et une stabilité des grandes toitures (100 à 250 kW). La baisse affecte essentiellement les très grandes toitures et centrales au sol.

Une meilleure visibilité en 2017

Ce premier semestre 2017 a été marqué par quelques bonnes nouvelles pour l’industrie du solaire : la puissance des projets en file d’attente dont la convention de raccordement a été signée a augmenté fortement au cours du premier trimestre pour atteindre 944 MW et surtout la publication de nombreux appels d’offres en procédures simplifiées pour les installations sur bâtiment, au sol ou pour des installations solaires innovantes, donne une meilleure visibilité à la filière.

Le 9 mars 2017, Ségolène Royal a donné la liste des 79 lauréats de l’appel d’offre CRE4 (Commission de Régulation de l’Énergie) pour des centrales PV en ombrières ou au sol pour une puissance de 500 MW. À noter que le prix du MWh pour cet appel d’offre est de 62,50 €, « soit deux fois moins cher que l’EPR, le réacteur nucléaire de nouvelle génération en chantier », selon Xavier Nass, directeur général de JPee, producteur indépendant français d’énergies renouvelables qui remporte 62 MW de cet AO. Et début juillet, Nicolas Hulot a donné la liste des 77 entreprises retenues pour le développement de centrales au sol de 500 kWc à 17 MWc pour une puissance de 507,6 MWc. Près de la moitié de ces installations se feront sur des terrains dégradés (friches industrielles, décharges…) et valoriseront un foncier inutilisé. Les prix proposés sont de 55,50 €/MWh pour les installations de grande puissance. Et pour les 82 % de lauréats qui se sont engagés à faire appel à un financement participatif, le prix d’achat sera majoré de 3 €/MWh. Ces lauréats sont souvent des PME de développeurs/exploitants indépendants qui rivalisent avec les grands groupes.

Autoconsommation : le développement devrait s’accélérer

Les autoconsommateurs existent déjà (depuis de nombreuses années), mais leur nombre restait faible avec environ 15 000 producteurs qui consomment l’intégralité de leur production et 5 000 qui consomment et injectent le surplus dans le réseau.

Dès 2015, Biocoop a installé 2 000 m2 de panneaux sur sa plate-forme de Melesse (35) pour alimenter ses 9 400  m2 d’entrepôts froid avec des tiers investisseurs comme Énergie Partagée. D’ici 2020, Biocoop compte alimenter par énergie solaire l’ensemble de ses plates-formes via Enercoop. Énergie Partagée accompagne et finance des projets citoyens de production d’ENR. Ainsi « Énergie Partagée d’Alsace » a installé 4 centrales solaires de 100 kWc sur le toit d’anciens bâtiments industriels. Georges Audras, son président et fondateur d’Axiome Energie, donne un autre exemple de réalisation : « Sur l’atelier inter-communal d’Attenschwiller 36 kWc ont été installés en vente de surplus sur un toit ayant un apport architectural : 133 modules français de Voltec Solar. Et nous avons un projet pour un industriel du Grand Est d’installation de 500 kWc en modules Voltec Solar avec des onduleurs de Cefem fabriqués en Ardèche. » À l’autre bout de la France, à Perpignan, un projet se met en place, accompagné par Enedis comme pour une dizaine d’autres projets, pour une autoconsommation collective. Ce projet se fera sur 5 bâtiments tertiaires du conseil départemental des Pyrénées Orientales. Il est piloté par le bureau d’études catalan Tecsol qui mettra en œuvre pour la première fois la technologie de « blockchain » de Sunchain (spin-off de Tecsol). Cette technologie permet de mesurer, calculer et communiquer les quantités d’électricité produites et consommées de manière transparente, sécurisée et sans organe central de stockage. Cette solution s’appuie sur les compteurs communicants Linky et les technologies innovantes de Sunchain.

 

L’atelier inter-communal d’Attenschwiller en Alsace porte 36 kWc de panneaux solaires. (c) Axiome Energie

 

Pourtant, pour Georges Audras, tout n’est pas parfait : « La dernière mouture des tarifs d’achat vient plutôt compliquer un système déjà peu lisible et les tarifs ne tiennent pas compte de la réalité géographique alors que la production varie de 25 % entre le nord et le sud de la France. Une régionalisation des tarifs semble indispensable pour éviter que ce soit une rente financière pour les uns et un casse-tête économique pour d’autres. »

 

Préparation de l’installation de 1400 m2 de panneaux (210 kWc) sur le toit du siège de Clemessy Mulhouse. (c) Axiome Energie/Clemessy

 

Mais, pour Germain Gouranton,« plusieurs facteurs vont dans le bon sens : le Capex va continuer à baisser alors que le coût de l’électricité est à la hausse et que des utilisateurs veulent sécuriser leur alimentation ». Et les matériels, des panneaux aux onduleurs, sont de plus en plus fiables et performants.

La généralisation en Europe du BEPOS à partir de 2020 devrait aussi favoriser le photovoltaïque qui présente peu de contraintes d’installation et pas de nuisances visuelles ou sonores.

Et pour échanger avec les professionnels, deux colloques ont été organisés par Enerplan à Toulouse et Paris le 30 août et le 13 septembre, dédiés à l’autoconsommation PV. De son côté, l’INES a organisé le 7 septembre une conférence-débat, « Quand les centres commerciaux deviennent producteurs d’énergie solaire ».

Un ciel plus clément pour la filière solaire en France en 2018 ? Beaucoup d’indicateurs passent au vert.

 

Pour lire l’intégralité de l’article :

http://www.filiere-3e.fr/2017/09/27/photovoltaique-apres-annees-difficiles-de-nouvelles-perspectives-20172018/ 

 

 

 

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